Jour 55 - Bucarest

Bonjour tout le monde.

 

Eh bien oui, je suis toujours à Bucarest... En fait je quitte aujourd’hui à 7h30 du matin pour l’Ukraine. Un gentil train de... 24 heures!

 

Donc dans mon dernier courriel, je venais d’arriver à Costinesti (prononcez Coshtinesht). L’endroit où j’habitais était dans le répertoire de Hostelling International Roumanie. Par contre, il n’y a aucun avantage à détenir la carte, et c’est plus un guest house qu’une auberge. Par contre c’était très joli. Après avoir terminé d’écrire mon courriel, j’ai été sur la plage voir le lever du soleil. Très joli, toujours satisfaisant. Je suis retourné me coucher et me suis donc levé tard, vers midi. Après une séance de lavage de linge, j’ai enfin pu me rendre sur la plage et passer l’après-midi à me baigner, à relaxer, à lire et à observer les jolies personnes passantes devant moi.

 

Bon, ceci étant dit, Costinesti pourrait être n’importe où dans le monde. Sur le bord d’une mer on s’entend. La rue qui se rend à la plage bordée de Kebab, de fast food, de restos, etc. Particularité, cette gare qui est tout près de la rue principale, perpendiculaire à elle. Ce qui fait que lorsqu’un train est en gare, les voitures sont bloquées pour 2 ou 3 minutes. Mais ça donne un joli look à ce coin de la ville.

 

Le lendemain midi, j’ai decidé d’aller voir par moi-même Vama Veche (Vama Vekie) parce que quelqu’un m,avait informé à propos d’une colonie de hippie quelque part en Roumanie. C’est ainsi, en parlant avec des gens ici, que j’ai appris l’existence de Vama Veche. Ce n’est plus une colonie de hippies depuis quelques années. En fait, ça ne l’a jamais vraiment été en permanence. C’est juste que là-bas se rendaient dans ce minucule village les gens qui voulaient aller sur la plage à bon marché, campant sur la plage, parfois en nudisme et s’arrangeant avec les moyens du bord. Il y avait 1 ou 2 bars-restaurants à lépoque. Tout ceux à qui j’ai parlé et qui ont connu l’endroit il y a 5 ans ou plus regrettent cette époque, mais continuent d’apprécier ce qu’est Vama Veche présentement. Ils espèrent que ça ne deviendra pas une "plage comme les autres". D’ailleurs j’ai vu des t-shirts qui datent de l’an dernier disant "sauvons Vama Veche". En effet il y a eu un petit mouvement pour limiter la construction dans le village.

 

Pour vous donner une idée, voici mon aventure là-bas. Le train ne se rend pas directement. On s’arrête donc à la dernière gare, Mangalia. De là, des minibus nous ammènent à Vama. Alors que je regarde les minibus pour trouver le bon, un gars m’interpelle me demandant où je vais. Il me dit de venir avec lui et son ami puisqu’ils se rendent là aussi et que le prochain est dans 30 minutes. En parlant, j’apprends qu’il est co-propriétaire du Fire Club, un bar populaire à Bucarest où je suis allé une fois d’ailleurs. L’autre gars est un DJ. En arrivant à Vama Veche, je me rends à leur bar, le dernier au bout du village, à 300 mètres de la frontiere bulgare et en face de la mer. Le bar en question est un comptoir couvert, deux rangées de tables à pic-nic de chaque côté du bar, couvertes aussi. Au milieu, le "plancher de danse" fait en terre et gazon avec le ciel étoilé pour plafond et pas de mur. Derrière le bar (tout construit en planches), 4 petites salles: Deux chambres, un hangar, une salle de bain. Le proprio, Cosim de son prénom me demande si je veux qu’il appelle un ami qui a une chambre. Je lui réponds que je pensais dormir sur la plage avec mon sac de couchage simplement. Il m’offre alors de laisser mon sac à dos dans le hangar et que je peux rester gratuitement. Ce soir-là, plusieurs personnes viennent faire la fête au bar dont des Français qui sont en Roumanie pour un stage mais qui ont terminé et visitent un peu. Comme la fête finit vers 5 heures, je décide d’attendre le lever du soleil et d’aller me baigner quand le soleil sera levé. En allant me coucher, la fille qui travaille au bar me dit que le soleil tapera tôt et qu’il sera difficile de dormir sur la plage après 9 heures. Il est déjà 6h30! Je décide donc de dormir dans le hangar... très confortable :) Sérieusement, j’ai très bien dormi!

 

Le lendemain, je passerai la journée sur la plage avec les Français. Baignade, soleil, resto, foot, bar et dodo. Avant le lever cette fois-ci. J’étais fatigué :)

 

Le lendemain, plutôt que de partir, je décide de rester une dernière nuit d’autant qu’on est samedi et que la fin de semaine, il y a plus de monde et de vie. Cette décision sera importante pour deux choses: d’abord parce que trois des Français vont aussi dans le delta du Danube ensuite et que je vais donc les accompagner et avoir du très bon temps avec eux. Ensuite, parce que ce soir-là, le samedi soir, on se retrouve non pas dans un bar mais sur la plage avec des Roumains qui ont fait un feu et nous ont invités après le foot. Deux gars avec leur guitare chantaient ce que j’imaginais dans ma tête être du Paul Piché roumain :) parce que 3 ou 4 les entonnaient en choeur. Je me suis couché à 7h30 ce matin-là! À 10h00, je me levais pour préparer mes trucs, faire une dernière saucette et partir avec les Français à Tulcea, porte d’entrée du delta.

 

Il y a Laurent, dit Tic (cela vient de son nom de famille), Benjamin ou Ben, et Marianne née à Madagascar. Marianne faisant son stage à Brasov, elle a rencontré un gars dont la copine est maintenant guide avec son propre bateau dans le delta. Elle a 24 ans et s’appelle Mihaela.

 

Donc en plus de ne pas être seul dans le delta, ce qui complique les façons de visiter et les rend plus chères, nous avons déjà une personne contact fiable et en plus très sympathique. Elle même était heureuse car elle est plutôt habituée aux groupes de 50 ou 60 ans. Et elle parle très bien français aussi.

 

Ce soir-là, Jour 50, elle nous a rejoint à l’arrivée de notre bus à Tulcea. Il était environ 20h00. Après une petite bière pour déterminer le programme, les prix et acheter de quoi boire pour 2 jours, nous avons pris le bateau direction Mila. Un village de 500 habitants dans le delta.

 

Le bateau est relativement petit, de la place pour quatre pour dormir dans l’unique cabine, un pont avant avec deux petits bancs, une table et deux bancs pour 6 à 8 perosnnes sur la cabine et une toilette et une mini cuisine a l’arrière.

 

En route, nous avons bu de la vodka et du jus. Moi qui étais très fatigué de Vama Veche, j’ai fini, la dernière demi-heure, par m’endormir dans la cabine. En arrivant à la maison où nous allons être hébergé, il est minuit trente et un souper nous attend... du poisson quoi d’autre! La maison est superbe, la dame qui l’habite très gentille, et ses talents culinaires indéniables.

 

Par contre, je m’endormais vraiment après le repas alors je suis monté me coucher. Selon Ben, qui partageait ma chambre, j’ai ronflé comme un tracteur cette nuit-là! Bon, il s’est vengé la nuit suivante, on est quitte!

 

Le lendemain, nous sommes partis sur le delta. Le delta est en fait l’embouchure du Danube, parti quelques 1800 km plus loin en Allemagne. Rendu dans le delta, il se sépare de nos jours en 3 bras principaux qui iront se jeter dans la mer Noire. Par contre, se forme entre ça beaucoup de lacs, de marais et de chenaux. Il s’agit aussi d’un parc National, d’une réserve de l’Unesco, et d’un paradis d’observation d’oiseaux.

 

Le 1er jour, se promenant dans un chenal, nous avons pu en effet observer énormement d’oiseaux dont des pélicans, des cormorans, des échassiers, etc. J’ai aussi pu voir des cigognes le lendemain. Bref, c’était la folie sur le bateau. :)

 

Nous nous sommes arretés visiter un petit monastère perdu dans ce delta, avec une superbe église en bois, un frère à qui on a donné une de nos bouteilles de 2 litres de bières et qui a aussi dit à Mihaela, en lui serrrant la main au depart, qu’elle "était chaude"! :) Hum... pervers moine! :)

 

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés également pour nous baigner. Si j’avais su que je me baignerais dans le Danube :) Mais l’eau y était très claire en fait. Et d’entendre ces oiseaux, un coucou entre autres, alors que le moteur du bateau est éteint... ce n’est plus un appareil photo qu’il faut mais un enregistreur.  Le soir... deux soupers. Un à 16h30, l’autre à 22h00 !! On n’avait pas mangé depuis le déjeuner! Les deux étaient avec du poisson différamment apprêté! Excellent! Entre les deux, alors que tous ont été faire une sieste, je suis allé faire un tour de barque avec un des deux employés sur le bateau, Cristina la fille de la femme de la maison et son amie (les deux ont 12 ans). Un tour en barque alors que le soleil se couchait, le son de l’eau avec les rames, ce sont de belles images qui me resteront longtemps en tête.

 

Le soir nous avons fait la fête dans la maison avec les 3 Français, Mihaela, et le médecin de Mila, un ami de la famille! Très plaisant aussi.

 

Enfin le lendemain, nous avons quitté Mila. Nous devions emprunter de petits chenaux pour revenir à Tulcea, mais une pénurie d’essence à Mila nous a forcé à nous rendre à une autre ville, Crisan, pour y faire le plein. Cela fut tout de même très agréable. Randonnée en bateau, repas de poissons achetés vivants le matin et cuisinés sur le bateau par notre capitaine. Baignade à nouveau après le repas. Et sur le chemin du retour, alors qu’il faisait noir, il a commencé à pleuvoir. Nous nous sommes donc réfugiés et serrés un peu dans la cabine pour y prendre un dernier repas, frites maisons faites sur le bateau aussi et pain. Comme le problème d’essence a aussi fait en sorte que nous manquions le dernier bus pour Bucarest, notre guide nous a tout simplement invités chez elle pour dormir. Sympathique non?

 

Je suis revenu à Bucarest avec les trois Français, dont deux, Tic et Ben, ont l’intention d’occuper mon salon et mon futon l’an prochain :) J’ai bien ri avec eux... et puis nous n’en sommes pas à un Français près à mon appart.

 

Je suis à Bucarest présentement et je prends le train à 7h30 le 2 juillet pour Lviv en Ukraine. À cause des dates de mon visa, je n’y resterai (en Ukraine) que 12 jours. Mais je ne regrette pas du tout ma, ou plutôt mes décisons qui ont fait en sorte d’allonger mon séjour ici. La Roumanie est définitivement un endroit à voir, à connaître, à apprécier. Et il y a trois régions que je n’ai pas vues. Maramures, sûrement la plus belle selon ce que j’ai entendu, est de ceux- la... Il devra y avoir une 2e fois!

 

Notez bien que le décalage avec le Quebec et moi-même sera maintenant de 8 heures et non 7.

 

Je vous souhaite une bonne finale de l’Euro et à très bientôt. J’apprécie de vous lire aussi...

 

Michel

xxxxxx (prenez ce que vous voulez et laissez-en aux autres!)

 

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Faut voir à la hauteur des tournesols!

 

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